02.03.2007
L'escroquerie intellectuelle de François BAYROU
Dans le Monde de ce week-end François BAYROU dévoile sa véritable personnalité.
Oubliant que l'article 4 de la Constitution précise que les partis politiques concourent à l'expression du suffrage librement, François BAYROU annonce qu'il créera un parti politique dès qu'il sera Président de la République, c'est à dire le chef du pouvoir exécutif, et qu'il fera labelliser des candidats aux élections législatives en fonction de l'allégeance qu'ils feront à son programme par le gouvernement composé des ministres qu'il aura choisi de nommer.
De tous temps, ce comportement s'est appelé dictature !
L'arrogance de François BAYROU ne s'arrête pas là.
En effet, il précise qu'il fera changer la loi électorale de désignation des députés entre son élection à la Présidence de la République et le premier tour du scrutin pour lequel le collège électoral aura déjà été convoqué suivant les règles qu'il veut changer ...
Certes, il est possible de faire siéger le Parlement malgré la suspension de la session parlementaire, ce sera d'ailleurs le cas de l'Assemblée Nationale mercredi prochain le temps de d'élire un président en remplacement de Jean-Louis DEBRE, mais, est-il crédible d'espérer que l'UMP et le PS voteront un changement de loi électorale en session extraordinaire à quelques jours du scrutin pour plaire à François BAYROU au seul motif qu'il aura été élu Président de la République.
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Commentaires
Reconnaissez quand même qu'il annonce la couleur AVANT d'être élu!! Vous appelez ça de la Dictature, moi je dis qu'il met se intentions en avant, clairement et simplement.
En démocraite on peut voter pour lui et ses propositions.. ou ne pas voter pour lui.
Qu'il l'annonce deux jours aprés l'élection, ce serait un scandale.. Mais un mois avant le scrutin.. C'est Normal.
Écrit par : lg | 03.03.2007
Je ne reproche pas à François BAYROU d'annoncer ses fantasmes mais de faire croire à des citoyens mal informés sur le droit institutionnel qu'ils sont réalisables pour qu'ils lui apportent leurs voix. C'est la définition légale de l'escroquerie.
Écrit par : Marie-Christine BLIN | 03.03.2007
La démarche est crédible puisqu'en l'état, la tenue même des législatives est compromise par le fait que l'actuelle majorité n'a pas jugé utile de réviser la carte des circonscriptions électorales.
http://somni.blog.lemonde.fr/2006/11/28/du-report-des-elections-a-labsence-de-redecoupage-electoral/
Écrit par : F34r | 05.03.2007
Il n'est pas invraisemblable de penser que l'assemblée adoptera ce changement de régime de scrutin. Pourquoi ?
> Le respect du peuple français. Suite à une éventuelle élection de François, le parlement ne pourra pas immédiatement contre-carrer le nouveau Président en plein état de grâce. Ce respect exprimé les députés en campagne auront alors la crédibilité nécessaire pour se présenter.
> Sauvez le PS, voire l'UMP. Jamais le peuple français n'a refusé au nouveau Président la majorité dont il avait besoin. D'ailleurs et par exemple en 2002, personne n'a soulevé l'idée qu'une fois Jospin élu nous aurions une AN UMP et vice versa et que Jospin ou Chirac serait alors incapable de gouverner. Jospin élu nous aurions eu, j'en suis sur une majorité PS à l'AN. En l'espèce cela voudrait dire un retour en masse des députés UDF au détriment du ou des deux parties dominants.
Une dose de proportionnel leur permettrait de se maintenir massivement à l'AN; ce qui ne serait peut être pas avec le scrutin majoritaire à deux tours.
Pour tout vous dire - excès d'optismisme peut être - je crois d'ailleur que la proportionnel serait défavorable à FB dans ce cas particulier. Mais utile pour une existance à long terme de l'UDF.
Quoiqu'il en soit, Marie Christine, n'oubliez pas deux choses:
> Nous avons votez massivement il y a un an pour l'indépendance de l'UDF, et ceci s'est fait en toute conscience, après moulte vote à l'AN contre le gouvernement en place jusqu'au vote de défience contre De Villepin par 10 de nos députés. Personne n'a donc été pris par surprise.
S'étonner et refuser aujourd'hui de la position de FB est purement hypocryte, admettez le !
> Nous avons tout autant massivement désigné FB comme notre candidat, il y a 3 mois.
Ne pas accepter ce que l'ensemble des militants a adopté est un déni de démocratie. A vous de prendre vos responsabilité : rendez votre carte s'il le faut !
Quoiqu'il en soit votre position révèle une forme de parisianisme aigü. En effet l'étroitesse des liens entre l'UMP et l'UDF dans cette région vous oblige à refouler le postionnement actuel de François, d'autant plus,qu'à titre personnel vous voulez vous présentez comme député dans la région.
Sachez qu'en province ce retour à un centrisme dans la droite ligne de Marc Sangnier et de Sillon ne nous empêchera pas de gérer en toute quiétude nos collectivités locales et notamment nos communes, avec l'UMP, bien sûr, et bientôt avec le PS !
Marie Christine (quelle magnifique prénom d'ailleurs: marie christ), n'ayait pas peur de perdre aux legislatives si vos convictions centristes sont fortes et sincères : l'UMP n'est pas la social démocratie défendu par notre ancêtre à tous, Sangnier. Et si vous ne vous retrouvez plus dans ces valeurs .... ... ... ... ...
Écrit par : Patrice Maurin | 07.03.2007
Les leçons que vous prétendez me donner sont déplacées de la part d'un démocrate.
Je suis provinciale, même si j'habite Paris, et c'est la raison pour laquelle je ne suis plus candidate aux législatives de 2007 : ma récente fréquentation assidue du Sénat m'a convaincue qu'être sénateur de province (justement) me correspondrait mieux.
Quant aux décisions des militants de l'UDF, vous êtes trompé, comme tant d'autres : relisez la motion adoptée au Congrès de Lyon, elle n'autorise pas François BAYROU à tirer le parti à gauche. Quant au vote dont il tire le soutien financier et logistique de l'UDF pour la présidentielle, il a subi les mêmes "arrangements" que celui qui l'a soi-disant élu à la présidence du parti en janvier 2005.
La justice est saisie, elle suit son cours, j'attends tranquillement qu'elle remplisse sa mission ... François BAYROU devra rembourser ce qu'il aura reçu indûment et le masques tomberont.
Pour ce qui est de votre hypothèse des députés et sénateurs adoptant successivement dans les mêmes termes en session extraordinaire entre le deuxième tour de la présidentielle et le début de la campagne officielle des législatives une loi électorale applicable à celle-ci et peu ou prou proportionnelle, c'est une utopie car c'est techniquement impossible. De plus, la volonté de ne pas déplaire au Peuple que vous prêtez aux parlementaires n'est pas réaliste car ils passent leur temps à lui déplaire, c'est le principe même de la politique.
Si Simone VIEL, qui n'a plus rien à attendre de la politique à son âge, soutient SARKOZY plutôt que BAYROU, qui appartient au parti auquel elle a toujours appartenu, ce n'est tout de même pas un hasard. Vous n'allez pas me dire que vous prenez cette femme pour quantité négligeable. Sa valeur et sa connaissance de la politique n'est pas contestable. C'est une référence autrement indiscutable pour les UDF que BAYROU qui en a fait un éloge appuyé hier.
Écrit par : Marie-Christine BLIN | 07.03.2007
Désolé Marie Christine, si vous avez pris mes propos comme vous faisant la leçon.
Finalement, le plus gros reproche que vous faîtes à FB c'est de recentrer le centre après avoir été pendant plus de 30 ans un appendice de la droite; Simone Viel fait partie de cette génération d'Hommes politiques respéctés et respectables, "élevés" dans cette culture et qui ne comprennent pas ce retour aux fondamentaux du centre.
Et avec l'âge, certains, on le sait, perdent la tête: Glucksman qui va voter Sarko, Roger Hanin qui votera buffet au premier tour et Sarko au second, Santini qu'il y a 8 mois soutenait l'action de FB et qui aujourd'hui traverse le rubicon, etc. (PS: A prendre au 4ème degré - je blague)
Je veux juste être sûr que nous parlons du même centre: le constat d'une économie de marché au service de l'idéal humain - un interventionisme de l'Etat (laïc mais inspiré, notamment, par les valeurs chrétiennes) pour réduir les inégalités sociales).
En un mot le centre n'est pas un parti Libéral ou néo-ultra-libéral comme l'est l'UMP. Et si vous me dites que ces valeurs ce retrouve dans l'idéologie défendu par l'UMP alors l'UMP est un parti du centre ?! Et on m'aurait trompé à l'insu de mon plei grè :-)
A titre personnel je n'ai pris ma carte que le jour où j'ai été persuadé que l'UDF n'aurait plus rien à voir avec l'UMP: plus d'allience politicienne (ce qui n'interdit pas des alliences sur un projet politique), plus de tendance néo-libérale en son sein, etc.
Quoiqu'il en soit, avez-vous développé votre point de vu devant FB ? Qu'en pense-t-il si c'est le cas ?
De plus, votre allusion sur une procédure en cours contre FB mériterait quelques précisions.
Sachez que je fais partie de ces gens qui sont toujours prêt à être convaincu ...
Écrit par : Patrice Maurin | 07.03.2007
@ Patrice
Jusqu'en 1997, j'ai appartenu à la mouvance "gaullisme social", aussi appelée "gaullisme de gauche", au RPR, que je n'ai jamais considéré comme un parti de droite au sens où vous l'entendez et à la même époque je ne considérais pas les UDF qui faisaient des accords avec nous sur des programmes, contrairement à ce que soutient abusivement BAYROU, comme de simples supplétifs.
Cela a toujours été mon point de divergence avec BAYROU, tant en 1997 lorsque j'ai refusé de réintégrer le RPR après les législatives qu'en 1998 lorsque MADELIN m'a demandé de faire équipe avec lui ou en 2002 lorsque le discours présidentiel de BAYROU, très différent de celui d'aujourd'hui, soit dit en passant, m'a conduite à préférer intégrer l'UDF plutôt que l'UMP, où je savais que NOVELLI, ultra-libéral, aurait le dessus.
Depuis que j'ai été victime d'une fraude électorale interne fin 2004, je tiens le même discours à BAYROU, qui s'est toujours cru au-dessus des lois. Ma patience de "protestante psychorigide" qui n'admet pas que l'on dise au Peuple : "fais ce que je te dis de faire et ne t'occupe pas de ce que je fais avec ton argent parce que c'est trop sérieux pour que tu te mêles de ça" ayant une limite, j'ai fait sommation sur sommation ... en vain. ( J'ai parlé de la procédure dans une note précédente, ici : http://femmedeconvictions.hautetfort.com/archive/2007/01/index.html ).
Contrairement à ce que vous croyez, la démocratie est une façade dans les organes de décision de l'UDF de BAYROU : il décide et les autres exécutent ou ils se font virer ou marginaliser. Ce n'est pas ma conception d'un parti politique et c'est la raison pour laquelle je ne quitte pas l'UDF dont j'ai bien l'intention de refaire un parti vraiment démocratique où la transparence est une réalité, où les votes sont réguliers et où les dirigeants dépensent un minimum d'argent pour en mettre un maximum à la disposition des fédérations, c'est à dire tout l'inverse de ce qui se passe depuis que la création de l'UMP a laissé les mains libres à BAYROU en 2002.
Le confort serait de céder comme tant d'autres devant les pressions de BAYROU mais les adhérents ne m'ont pas élue au Conseil National pour prendre cette position lâche.
Déterminer si le "centrisme" est de gauche ou de droite à partir de références historiques est plutôt alléatoire car LECANUET, qui a pris la suite du MRP, qui était un parti de gauche au sens de l'époque, était tout sauf un homme de gauche au sens du PS d'aujourd'hui et GISCARD D'ESTAING qui a pris son relai en quelque sorte est un homme de droite, le seul à être élu Président de la République, il faut le noter, contre le "gaulliste de gauche" qu'était CHABAN-DELMAS.
La personnalité de STRAUSS-KAHN est autrement forte que celle de BAYROU et ses compétences économiques sont autrement significatives que celles de BAYROU, ce qui veut dire qu'un tel attelage tournerait très vite à l'affrontement jusqu'à un clash final parce que BAYROU n'accepte pas la contradiction.
C'est un buté, vous savez, BAYROU, il croit détenir la vérité et il n'admet pas que l'on soit d'un autre avis que le sien.
Contrairement aux rumeurs, SARKOZY est beaucoup plus accessible à la contradiction : il débat, il écoute, il note, il réfléchit et quelques temps plus tard il revient sur le sujet en disant "tu avais raison sur tel point" ou "je suis dubitatif, donne-moi quelques arguments de plus pour que je suive ton avis" ou "je maintiens mon point de vue pour telles raisons".
Je le connais personnellement depuis 32 ans et je peux vous assurer que ce n'est ni un tyran, ni un obsédé de droite. Il a travaillé durant toutes ses études, pas seulement une poignée d'heures à la Sorbetière comme cela se dit, loin s'en faut, je ne l'ai jamais vu refuser une tâche de militant, il a refait les cages d'escalier en 1995 pour récupérer son siège de député, il a toujours reçu lui-même la population de Neuilly, où il n'y pas que des riches, même lorsqu'il était un ministre adulé par BALLADUR en 1993.
C'est vraiment un type bien qui ne triche pas, contrairement à BAYROU qui se cache derrière une image lisse et prend des libertés inadmissibles avec les statuts de l'UDF depuis 2002 en disant ouvertement que plus c'est gros, plus ça passe, donc pourquoi se gèner. Pour moi, le "centrisme" ce n'est pas la tricherie permanente pour obtenir le pouvoir.
Finalement, la grosse différence entre BAYROU, qui s'est approprié Henri IV devenu catholique, et moi, qui n'abjurerais pas ma foi pour un mandat aussi glorieux serait-il, est qu'il compte sur le Tippex de son curé (les x Notre Père et y Je Vous Salue Marie de peine après confession) pour recommencer ses erreurs éternellement, alors que les miennes, dont je rends compte à Dieu, ne s'effacent pas de ma conscience où elles restent gravées pour me rappeler de ne pas les renouveler.
Deux conceptions, très différentes, de la chrétienté à laquelle vous faites référence.
Écrit par : Marie-Christine BLIN | 07.03.2007
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