22.09.2008
mon grand chantier
ou cette justice dont on parle trop sans en savoir assez
CANADA GASCOGNE THEMIS
En organisant un mini-colloque au Sénat il y a deux ans pour Société en Mouvement Paris, dont Gilles de Robien a fait une belle au bois dormant 6 mois après, j'ai réalisé que tout le monde a un avis sur la justice mais bien peu savent quel contenu pratique a ce mot.
J'ai donc décidé de fureter derrière le rideau du théâtre pour voir si c'était vraiment comme les avocats soucieux de se disculper vis à vis de leurs clients le disent, souvent en accusant de tous les maux l'avoué, cher à mon coeur puisque c'est ma spécialité.
J'ai commencé à constituer un dossier et je me suis aperçue que la réalité est très loin de l'apparence que les magistrats "politiques" cultivent.
J'ai demandé et obtenu le futur concours de Canada, qui est "chef d'orchestre" dans une cour d'appel qu'il a défendue aprement dans la refonte de la carte judiciaire.
Pendant ce temps-là, Eolas a pris des colocataires, dont les notes ont renforcé mon envie d'aller visiter l'arrière-boutique.
Gêné par la mise en place de la nouvelle carte judiciaire sans les moyens financiers, Canada est très occupé par l'arrivée avec l'automne de nouveaux juges, certains "placés" [1] dans une région redoutable quand on n'est pas habitué à conduire sur le verglas avec du brouillard.
Gascogne étant, à sa façon, un "bleu", je lui ai proposé de compléter le tableau que me brossera Canada et il a accepté ce matin.
Dès que ces messieurs auront trouvé le temps de me confier leurs impressions, avis, souhaits ..., je ferai des notes sur "ces gens qui gèrent la vie des autres" et composent l'autorité dont la mission est de protéger la démocratie en claquant des dents dans des palais sans chauffage avec pour seule légitimité d'avoir réussi un concours ou un entretien de sélection sur titre.
[1] "Et puis, il est également intéressant de préciser que certains de ces magistrats seront placés. C’est-à-dire qu’ils interviendront dans les quatre tribunaux de grande instance de la cour d’appel. Ils devront pallier la vacance temporaire de postes pour maladie ou période de maternité. « Cela requiert de grandes qualités techniques et d’adaptabilité, glisse tout haut le premier président. Il faut connaître rapidement la manière dont les choses se passent. Ce fonctionnement de la juridiction, c’est une école formidable pour exercer cette fonction. »
"Etre efficace". C’est précisément la tâche qui attend H... K... et T... B... Jusqu’ici auditeur de justice, le premier est désormais juge auprès du premier président. « Si on n’arrive pas toujours pour une mission déterminée, on attend toujours de vous des résultats parlants, insiste t-il. Bien sûr, on ne peut pas connaître tous les dossiers, mais on doit être efficace en un temps réduit. » Et d’admettre que cette mission de juge volant a ses contraintes. En l’espèce, celle de ne pas entrevoir nécessairement toutes les évolutions des diverses affaires. « Cela dit, on compte aussi sur le travail des greffiers », confie cet ancien capitaine dans l’armée de 36 ans, qui a, lui, suivi les cours de l’Ecole de la magistrature. De son côté, T... B..., nouveau vice-procureur, vit son arrivée aux côtés du procureur général telle une promotion. Il faut dire qu’il officiait auparavant comme substitut au tribunal de grande instance de C... . Il sera chargé du service des mineurs. Lui aussi sera placé. « Mais comme toutes les promotions, celle-ci ne pouvait pas se refuser ! » Crédit Christophe Morineau-Cooks.
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