15.02.2009

Yvan COLONNA

Les rebondissements du procès de l'assassin présumé du Préfet Claude Erignac invitent à l'extrême vigilance sur les garanties, en matière d'accès au dossier par un avocat dès le début de la mise en cause de quelqu'un, qui doivent accompagner le transfert au procureur de la République, hiérarchiquement soumis au gouvernement, c'est à dire à la classe politique dominante du moment, des enquêtes menées par un juge d'instruction, auquel un collège de juges d'instruction devait se substituer avant que Nicolas Sarkozy change d'avis.

En effet, non seulement Yvan Colonna n'aurait pas eu recours à une mise entre parenthèse après avoir été présenté par le journal Le Monde comme le coupable idéal si un avocat avait pu avoir accès au dossier en son nom dès sa mise en cause par des personnes qui ont reconnu leur culpabilité depuis, arrêtées après 15 mois d'une enquête durant laquelle seuls les avocats de mis en examen ou de témoins assistés pouvaient avoir accès au dossier, mais les informations transmises officieusement par le "témoin surprise" de la procédure d'appel pendante à Paris devant une Cour d'Assises spéciale à certaines personnes, qu'il a considérées comme de bons intermédiaires potentiels, seraient sorties de la clandestinité beaucoup plus tôt si les 2 personnes qu'il met en cause avaient pu bénéficier d'un avocat ayant accès au dossier dès le début.  

De même, face au projet de formation commune des avocats, des procureurs et des juges du siège, il va falloir faire très attention à la connivence qui s'instaure instinctivement lorsque l'on a reçu la même formation dans une école où l'on a peut être été, en plus, binômes ou amants ...

Or, les avocats de Madame Erignac et de ses enfants les ont déjà trop encrés dans une certitude de culpabilité d'Yvan Colonna parce que le problème technique de taille de l'assassin par rapport à celle de la victime n'a pas été traité avec assez de circonspection et que les témoignages, notamment sur la présence d'une voiture blanche, n'ont pas été exploités avec assez d'efficacité.

Qu'en sera-t-il des droits de la défense et des droits de l'Homme lorsque la "grande profession unifiée du droit" que l'on nous annonce sera constituée de personnes formatées à l'identique ? A mon sens, la même chose que ce qui se passe avec les énarques.

Enfin, une commission d'enquête parlementaire est nécessaire car, s'il est avéré que Nicolas Sarkozy a été informé, à tout le moins par Yves Bot, qui n'aurait pas gardé une telle information pour lui, qu'une enquête sur 2 personnes supplémentaires pouvait innocenter Yvan Colonna, il est indigne d'être Président de la République.

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